J’ai voulu vous partager l’expérience de Margaux parce que je trouve que sa démarche est très intéressante : réfléchit, méthodique et sans bavure…

Cerise sur le gâteau, le résultat est là!

 

Par où commencer ? Qui suis-je ?

Je dirais une étudiante rouennaise pure souche, j’ai 28 ans et depuis 10 ans je suis en étude de médecine, maintenant interne dans une spécialité peu connue : la néphrologie.

Mon histoire, je dirais qu’elle débute au collège où j’adorais participer aux petits cross dans les lycées l’hiver … puis je suis rentrée en horaires aménagées pour faire de la danse classique au conservatoire de Rouen, jusqu’au lycée … là un choix s’est imposé à moi entre un bac scientifique ou un bac particulier afin poursuivre la danse classique au conservatoire. J’ai choisi les sciences, j’ai donc obtenu mon bac et arrêté la danse.

Puis j’ai commencé la première année de médecine : 0 sport pendant un an et beaucoup de stress, difficile à vivre.

En 2e année le sport me manquait trop et j’ai toujours été attirée par les arts martiaux :je me suis donc mise au karaté (club de Cléon, avec Sabrina Buil championne du monde de Karaté), en 3 ans j’ai passé toutes les ceintures et obtenu ma 1ere dan . En parallèle j’ai commencé à courir sur les quais de Rouen.

Pour moi la course à pied est le sport à la portée de tous, une paire de baskets et c’est parti !

Peu importe notre travail, nos horaires, la météo etc… on peut toujours aller courir, il suffit d’en avoir l’envie et la motivation.

Lorsque je suis devenue interne en médecine (7eme année) mes horaires à l’hôpital n’étaient plus compatibles avec la pratique du karaté, j’ai été contrainte d’arrêter et donc de me consacrer totalement à la course à pied.

J’ai toujours couru seule, au début une fois par semaine le week-end sans vraiment être attirée par la « compétition ». J’ai commencé par le challenge inter Seine, des cross entre les différents clubs de courses à pieds (Belbeuf, Oissel, st Etienne du Rouvray, Igoville…) une ambiance très sympa et plutôt en petit comité.

Progressivement j’ai un peu augmenté la fréquence de mes entrainements à 2 fois par semaine et j’y ai de plus en plus pris gout jusqu’à faire le semi des boucles de la seine : mon premier semi-marathon en 1h59 sans réelle préparation au préalable.

Puis j’en ai fait un second : le semi de Bolbec en 1h46 en sept 2017, parsemé de quelques trails (Préaux 2017 et Montigny 2017)

Pourquoi courir ?

Pour me vider la tête, surtout être dehors, dans la nature ou dans la ville mais pouvoir assister à des paysages / des scènes uniques, et me dépenser physiquement.

J’ai toujours voulu faire un marathon, depuis que j’ai débuté la course à pied, mais pour moi cela me semblait assez inaccessible.

Puis un jour en novembre 2017, je suis arrivée au Havre pour mon semestre d’internat en réanimation (en médecine nous changeons de stage tous les 6 mois), j’ai adoré cette ville : je l’ai découverte à travers la course à pied, je faisais de plus en plus de sorties pour aller de plus en plus loin et ainsi découvrir les environs et courir sur les bords de mer.

Un de mes co-internes (qui a fait plusieurs ironman) durant ce stage, m’a accompagnée sur une de mes sorties. Lors de nos discussions, je lui ai parlé de mon envie de faire un marathon. Lorsqu’il m’a vu courir il m’a dit que j’en serais capable. Il a alors commencé à me donner des conseils sur la course.

Je me suis donc inscrite à mon premier marathon en novembre 2017 , celui de Paris d’avril 2018. Honnêtement pour moi, le mot VMA, FCM, fractionné… je ne connaissais pas.

J’ai téléchargé un plan d’entrainement simple sur le site du marathon de Paris pour le faire en 4h.

Je l’ai suivi de novembre 2017 à janvier 2018 avec 3 entrainements par semaine, pour me mettre en condition et me donner une idée de la préparation voir si j’en étais capable. Puis fin janvier, j’ai commencé la réelle préparation marathon en faisant cette fois ci le plan pour 3h45.

Je l’ai adapté en fonction de mes horaires et de mes gardes et je suis passée à 4 entrainements par semaine. J’avoue que courir l’hiver, seule dans le noir et le froid ce n’est pas toujours évident, mais je crois que j’avais une telle motivation et un besoin de courir avec une énorme satisfaction à la fin de chaque sortie (barrer la séance  prévue en guise d’accomplissement, petit kiff personnel 😊). Sur les sorties longues je regardais les parcours découvertes du Havre et leurs distances et puis je partais courir à travers la ville en suivant les point de repères ‘bleu’, ‘jaune’, ‘vert’ etc à faire entre autres les fameux escaliers du Havre.

Durant la préparation on doit à un moment faire un semi-marathon, j’ai décidé de refaire le semi des boucles de la seine que j’avais fait l’année passée en 1h59. Je me suis rendue réellement compte à ce moment là ce que pouvais apporter la préparation marathon, je l’ai fait en 1h39 et sans difficulté. J’avoue que ça m’a carrément boosté !

J’ai pu bénéficier des précieux conseils de mon ami et co-interne durant tout le semestre jusqu’au marathon.

Lorsque j’ai annoncé à ma famille que je voulais faire le marathon de Paris, mon père de 57ans a eu envie de me suivre, il s’y est donc inscrit également. Nous avons chacun fait notre préparation de notre coté car nous n’avons pas le même rythme et nous n’habitons pas la même ville, mais parfois on se faisait un petit débrief et soutien moral 😊

Pour l’anecdote je suis partie en vacances en montagne en mars où je fais pas mal de randos, le gros kiff pour moi ça a été de poursuivre mes entrainements de course à pieds dans la neige, je ne connaissais pas cette sensation, c’était tellement grisant la neige qui craque sous mes pas et quelques mètres de dénivelé supplémentaires.

La veille du marathon, j’ai pris un hôtel dans Paris mais assez éloigné de la zone de départ. J’ai été surprise de voir que dans tout l’hôtel il n’y avait que des personnes qui venaient participer au marathon. Un de mes meilleurs souvenirs fut de prendre de métro pour rejoindre le départ et de le voir progressivement se remplir de marathoniens venus de tous horizons, du japonais, à l’ukrainien en passant par l’américain avec sur leur dossard chacun leur objectif de temps.

Ensuite le départ … Les champs Elysées quoi !! que d’émotions !! Puis la course avec mon objectif de temps 3h45, je m’étais fait un petit bracelet avec mes différents temps de passage tous les 5kms.

La foule, les fanfares c’est tellement motivant, stimulant et ça vous porte en fait, on puise en nous des ressources insoupçonnées. Je n’ai pas voulu suivre de flamme (encore un terme que j’ai découvert) comme c’était mon premier je ne savais pas trop à quoi m’attendre.

Coté alimentation et hydratation aucun soucis pour moi, j’avais pris 4 gels et j’ai pas mal bu (tous les 5km) surtout qu’il faisait un temps magnifique et environ 25°

Au semi j’étais bien, je l’ai franchi à 1h49, j’ai pu accélérer ensuite un peu mais arrivée au 35e km après un faux plat montant et à l’approche du bois de Boulogne, j’ai eu les jambes littéralement coupées, plus moyen d’accélérer alors que je me sentais bien, ma vitesse a progressivement chuté jusqu’à finir à l’arrivée à 10km/h. J’étais euphorique de franchir cette ligne en 3h42 et donc sous mon objectif de 3h45 !!

Ce qui m’a permis de tenir pendant le marathon c’était de penser au soutien de mes amis (sportifs ou non), ma famille et même mon service de réanimation.

Si je pense en refaire un ?

Bien sûr que oui et d’ailleurs c’est déjà fait !!

Lorsque que j’ai su que Rouen organisait son PREMIER marathon je n’ai pas pu m’empêcher de m’y inscrire, je me suis tellement entrainée sur les quais de Rouen et dans la forêt du Rouvray depuis toutes ces années que c’était pour moi vraiment symbolique d’y participer.

Je suis revenue du Havre en mai 2018 à nouveau à Rouen, c’est là que j’ai commencé progressivement à rejoindre le groupe Urban Runner Rouen. J’ai refait la préparation du marathon mais cette fois avec pour objectif 3h30, et donc passage à 5 entrainements par semaine, grâce au groupe Urban Runner Rouen en plus de mes entrainements seule j’ai découvert ceux en groupe avec des personnes qui partagent la même passion que moi, cela m’a permis de continuer à progresser et à finir le marathon de Rouen en 3h29 en septembre 2018.

Pour 2019 je pars sur Paris toujours pour mes études et devinez quoi ? Je compte bien découvrir cette ville à travers la course à pieds entre autre (mais pas que…). Refaire le marathon de Paris en 2019 mais sinon faire également du trail que j’apprécie tout autant !

 

Le mot de la fin hum… je dirais que quand on veut on peut si l’on s’en donne les moyens. Quand je vois le chemin parcouru uniquement par la rigueur et la volonté je me dis que tout est possible et pour tous.