La France En Courant fait partie de l’histoire, je dirais même du patrimoine de la course à pied en France…c’est un monument de près de 30 ans, c’est la course dont on entend bien souvent parler sans jamais oser s’y frotter.

Néanmoins Justine a pris le temps de nous en parler :

Quentin –  Peux-tu te présenter?

Justine – Je m’appelle Justine DUPUY, j’ai 29 ans et j’habite Rouen. Je suis Normande et ​j’ai grandi ​à côté de Bourg-Achard, entourée de mes parents, mes 2 sœurs et mon frère. Je suis Juriste Social dans une entreprise située à Bihorel. Je pratique aujourd’hui la course à pied, et je fais quelques compétitions, des 10 kilomètres, semis et surtout des courses nature/trail, c’est ce que je préfère! Je fais également de la natation.

Q – Parle-nous plus précisément de sport ?

J – Ma vie, je ne la conçois pas sans le sport!


Le sport a toujours fait partie de ma vie puisque dès notre plus jeune âge, nos parents nous ont inscrit, mes sœurs, mon frère et moi-même, à des activités sportives. J’ai d’abord commencé par faire du karaté, puis de la gymnastique sportive jusqu’à mon arrivée au collège à Bourg-Achard. J’ai ensuite fait du Taï-Jitsu (avec comme professeur mon Papa ) et ​j’ai passé mes mercredis après-midi à représenter mon collège dans le cadre de l’UNSS. Basket, Football, Handball, Rugby… et… les fameux cross! Je faisais aussi partie de la section gymnastique.

A mon arrivée au Lycée, à Pont-Audemer, j’ai bien évidement choisi l’option sport, choix entre volley et athlétisme: j’ai choisi l’athlétisme avec le 3x500mètres. J’ai présenté cette discipline au Bac.

Durant ces années Lycée, j’ai découvert la Course d’Orientation et j’ai fait les Championnats de France à plusieurs reprises! J’adorais ce sport! Une chose est sûre, un jour, je reviendrai à cette discipline!

J’ai continué l’UNSS et j’ai fait parallèlement de la natation. 

Ensuite, j’ai fait du tennis.

J’ai donc fait pas mal de sports durant ma jeunesse, mais celui qui me suit depuis le début c’est la course à pied. Depuis toujours finalement j’ai pratiqué ce sport, mais sans réellement suivre d’entraînements particuliers. C’est en 2015 que j’ai décidé de m’inscrire dans un club, l’Olympique Darnétal Athlétisme, afin de pratiquer ce sport avec un peu plus de sérieux et surtout afin de pouvoir suivre des cours spécifiques pour vraiment progresser.

Q – Es-tu passer de l’autre coté, du coté associatif?

J – Je suis Présidente d’une Association de lutte contre le cancer, intitulée « Courir Pour la Vie – Courir pour Curie du Theil-Nolent ». Cette Association, c’est mon grand-père qui l’a créée, et elle me tient vraiment à cœur aussi bien pour son histoire que pour la cause qu’elle défend. 

C’est suite au décès de ma grand-mère, atteinte d’un cancer, que mon grand-père s’est investi dans la lutte contre le cancer. Dès le début des années 90, il organisa dans son village du Theil-Nolent (proche de Bernay) les « 33Heures du Theil-Nolent », maintenant appelé les « Quelques heures contre le cancer ». Cette manifestation s’articule autour d’un circuit de 1km100 à réaliser autant de fois que souhaité, en courant et/ou en marchant. Autour de cela des animations sont organisées et une buvette est présente afin de se restaurer.

Cet évènement se déroule tous les 1ers weekends d’octobre. L’ensemble des bénéfices du weekend est ensuite reversé pour moitié à l’Institut Curie de Paris et pour moitié au Centre Becquerel de Rouen, tous deux centres de recherche contre le cancer.

Parallèlement, une équipe « Courir pour la Vie-Courir pour Curie » se constitue chaque année pour intégrer la course en relais pédestre « La France en Courant ». Cette équipe est notoire puisqu’elle y est présente, sans interruption, depuis 1992! Mon grand-père a couru au sein de cette équipe.

A son décès, en 2015, j’ai repris le flambeau et continue avec les membres de l’Association les différentes actions qu’il a mises en place.

 Ce qu’a fait mon grand-père est exemplaire, je suis tellement fière de lui! ​

Q – Et alors LA FRANCE EN COURANT?

La France en Courant est une course en relais pédestre créée en 1986 par André SOURDON, boulanger Bernayen passionné de course à pied.

André SOURDON, un grand Homme également, ​et fidèle ami de mon grand-père, accompagne depuis toujours notre action.

En 1992, lors du décès de ma grand-mère, mon grand-père tellement affecté par cela s’est vu tendre la main de son ami André qui l’amena courir sur son tour de France pédestre. C’est suite à cela que mon grand-père créa son équipe sur « La France en Courant ». Des coureurs piliers se sont greffés à son équipe, et notamment Irène MAZIER qui reprit pendant plusieurs années l’organisation de l’équipe, puis Jean-Luc NOUGAROU, et maintenant moi-même.

J’ai personnellement participé pour la 1ère fois à cette course en 2005. Aujourd’hui j’en suis à ma 6ème participation. Tenue de stand, chauffeuse, puis… coureuse depuis 2017!

Concernant le concept même de la course, il s’agit d’une course en relais pédestre reliant une ville A à une ville B. Chaque étape fait environ 200km. En milieu de journée nous sommes accueillis par des villes demi-étapes où sont donnés les départs de l’après-midi. Le soir, nous nous retrouvons dans les villes étapes où nous dînons tous ensemble. Chaque jour un classement de la journée est réalisé ​en fonction du temps mis par chaque équipe à réaliser l’étape, puis un classement général de l’ensemble des journées.

Chaque équipe est composée de 8 coureurs, dont au moins 1 féminine, 4 coureurs dans un camion A et 4 coureurs dans un camion B. Le départ le matin est donné à 3h00, les coureurs courent donc en partie de nuit (ça c’est génial!).

Une journée se décompose en 4 parties:

Partie 1 : la demi équipe A prend le départ à 3h00 le matin et réalise 1/4 du circuit (généralement une soixantaine de kilomètres, soit 15 kilomètres par coureur).

Pendant ce temps, le camion B prend son petit déjeuner organisé par la roulante de La France en Courant.

Partie 2 : le camion A passe le relai au camion B qui va parcourir ​le 2ème quart du circuit (même nombre de kilomètres que parcourus par le camion A).

Pendant ce temps, le camion A prend son petit-déjeuner puis part rejoindre la ville demi-étape afin de déjeuner (chaque équipe gère ses repas du midi), se reposer, et se préparer pour prendre le départ de l’après-midi.

Partie 3 : le camion A prend le départ à la ville demi-étape pour parcourir​ le 3ème quart du circuit (généralement 40 kilomètres, soit 10 kilomètres par coureur). Les étapes d’après-midi sont plus courtes que les étapes du matin.

Partie 4 : le camion A passe le relai au camion B qui va réaliser le 1/4 de course restant jusqu’à l’arrivée à la ville étape du soir.

Le jour suivant la journée se décompose de la même manière mais les camions sont inversés : le camion B prend le départ, et ainsi de suite.

Entre chaque partie, la course se décompose également sous forme de relais entre les 4 coureurs de chaque camion : des relais entre les coureurs de 3 à 4 kilomètres le matin et de 1 à 2 kilomètres l’après-midi (en fonction de la chaleur). Ainsi, les 25 kilomètres quotidiens que doivent parcourir les coureurs ne sont pas réalisés d’une traite mais en fractionné.

Le soir c’est sous les tentes que nous dormons, au niveau des gymnases de la ville étape (pour ceux qui prennent le départ le matin) ou en pleine nature (pour les autres).

Information importante : il est possible de réaliser qu’une semaine de course sur les 2!

Le nombre d’équipe varie d’une année sur l’autre, mais en moyenne 6 équipes prennent le départ. Toutes ne défendent pas des causes humaines, certaines représentent des départements, d’autres des entreprises.

Ce que nous vivons durant ces 15 jours : humainement c’est très fort ! A chaque fin de tour je n’ai qu’une hâte, c’est d’être à l’année suivante pour revivre l’aventure !

Q – Et donc vous cherchez des coureurs?

Aujourd’hui je suis en pleine constitution de mon équipe pour le tour de 2019. J’ai 4 coureurs piliers de l’équipe, qui connaissent vraiment bien l’aventure mais qui ont besoin de coéquipiers pour pouvoir prendre le départ de la course. Je recherche donc des coureurs avec une même motivation, afin de conserver notre esprit de convivialité, d’entraide et de partage, qui sont nos points forts!

La course n’est pas de tout repos, il faut être habitué à courir et à en « baver »! Elle nécessite donc un bon niveau en course à pied. La plupart des coureurs que nous rencontrons sur la course sont d’ailleurs marathoniens (mais pas tous hein!). On court sur la route exclusivement, on monte des cols (Mont Ventoux, Col du Galibier, Col du Tourmalet…) et on les descend, alors autant dire : il faut que l’endurance et les jambes soient là!

Le niveau sportif est donc très important, mais ce qui nous importe également c’est de passer 15 jours dans la convivialité, dans la rigolade et la bonne entente.

Bien sûr nous sommes là avant tout pour courir, et à ce titre, chacun se donne vraiment à fond durant cette aventure, chacun à son propre rythme. Mais notre objectif premier n’est pas de faire un chrono à la fin de la journée, mais de se donner un maximum, dans la mesure de ses capacités, et surtout avec le sourire! Cela nécessite donc également des qualités de tolérance: il faut accepter que certains coureurs courent à un rythme moins élevé que le sien. Il faut également avoir un esprit d’entraide et être volontaire à prendre des kilomètres à ses camarades lorsqu’un coup de mou est perceptible ou lorsqu’il y a des débuts de blessures qui se font ressentir.

Notre challenge : porter haut et fort les couleurs de l’Institut Curie pour faire connaitre ce centre de recherche contre le cancer et donner toute notre énergie pour ceux qui se battent, ou se sont battus, face à cette maladie. Et ça, ça donne vraiment la niaque!

Q – Pourquoi tout cela?

J – Nous sommes malheureusement tous touchés, de près ou de loin, par cette maladie et il est important de pouvoir apporter notre aide à la recherche pour améliorer les traitements et la vie quotidienne des malades et anciens malades.

Personnellement, je me considère extrêmement chanceuse d’être en parfaite santé et de pouvoir courir comme je le souhaite, quand je le souhaite et où je le souhaite. Je me dois à ce titre d’aider les personnes qui n’ont pas, ou qui n’ont plus,​ cette chance. 

Réaliser une aventure aussi humaine, en portant des valeurs aussi importantes, ça apporte aussi beaucoup à sa vie personnelle! Et durant ces 15 jours, la ​déconnexion est vraiment totale, ça fait un bien fou.

Q – Le planning?

Cette année la course se déroulera du 13 au 27 juillet 2019 avec un parcours qui débutera dans le sud de la France pour parcourir les Pyrénées et remonter par l’Ouest pour arriver à Bernay.

Q – Le mot de la fin

J – Je ne connais personne qui regrette avoir vécu cette aventure, bien au contraire!Qui plus est quand on défend une noble cause qui est la recherche contre le cancer!

Il ne faut pas réfléchir et foncer, car celle-ci te marquera à vie!

En plus, notre équipe est connue chaque année pour être l’équipe la plus conviviale, celle qui court, donne tout ce qu’elle a, et qui à la fin de la journée a encore de l’énergie pour rigoler et passer une bonne soirée! D’ailleurs,il n’est pas rare que des coureurs d’autres équipes aient le coup de cœur pour notre équipe!

En prime, on voit des paysages de la France magnifiques!

Pour un petit aperçu, n’hésitez pas à aimer et naviguer sur notre page Facebook : « Équipe Courir Pour La Vie Courir Pour Curie – La Franceen Courant 2018 ».