Le 16 mars dernier c’était la rentrée 2019 pour la Team TRAVERSE, c’est Romain qui a ouvert la saison et il nous raconte son Aventure.

« Bonjour. je voulais partager avec vous mon expérience de cet Eco Trail de Paris 2019 sur le parcours du 80km.

Ça va être assez simple et rapide : tout s’est très bien passé ! Aucun problème, aucun bobo, aucune surprise, vraiment une vraie partie de plaisir ! Étrange de dire ça au vu du nombre de kilomètres qu’il fallait parcourir mais c’est pourtant bien le cas.

Du coup quand on me demande de raconter ma course j’ai plutôt tendance à raconter toute la préparation que j’ai faite pour pouvoir vous dire que tout s’est bien passé le jour J ! Et avec le recul c’est vraiment la chose la plus importante.

La chose qui vous permet de pouvoir profiter pleinement de la course !

Je m’appelle Romain, j’ai 31 ans, je suis un coureur régulier mais pas non plus expert.

Mes références sont assez classiques : 40min au 10K, 1h40 au semi, 4h25 sur le dernier 45km de l’éco trail en 2017… et aujourd’hui le 80km de l’Eco Trail de Paris en 8h34. 🙂

L’Eco Trail 2019 ça a été pour moi 17 semaines de prépa à base de 4 entrainements par semaine. Une première pour moi !

On rentre dans un autre registre là. Toutes les séances préparées et adaptées avec minutie par un ami. Avec Quentin, on se connait maintenant très bien. Même très très bien. Quand je me suis lancé dans cette expérience (voir comment mon corps pouvait réagir sur une telle distance), il m’a de suite demandé quels étaient mes objectifs afin d’adapter toute la stratégie de préparation et de course.

Un vrai plus car ça permet d’aborder les séances avec beaucoup d’envie et de certitude.

On laisse place à l’écoute du corps pour éviter toutes les blessures et optimiser la performance. Des séances évolutives et constructive on chaque semaine on se rend compte du travail accompli. On avale les kilomètres, le dénivelé et on y va !!! J’aurai bien aimé vous donner le nombre de kilomètre parcouru ainsi que le dénivelé mais j’avoue ne pas avoir tout calculé.

Quoi qu’il en soit, je peux vous garantir que le jour J j’étais vraiment bien prêt à prendre le départ. Pas un touriste ! Mon objectif de départ était de faire moins de 10h avec un objectif inavoué de faire moins de 9h30. 

La course ? 

Des conditions optimales ! Pas trop chaud, pas trop froid. Du soleil. La famille pour suivre la course. Les copains via smartphone pour prendre des nouvelles. 

Départ 12h15 pétante. On laisse partir les fous qui foncent à toute allure… ceux là on les rattrapera un peu plus tard.

La stratégie de course était simple : un départ prudent jusqu’au 50 puis on fera le point à ce moment là pour voir si on peut ou non accélérer. 

Ma montre : une Garmin fenix 5 Plus chargée à bloc ! Un seul champs de données : le cardio ! Interdiction de dépasser les 150 pulses sinon … on marche. 

Des alertes qui vibrent à mon poignet toutes les 20min pour boire et toutes les 45min pour manger ! hyper important et je le recommande parce que votre cerveau déconnecte à un moment donné et vous perdez la notion du temps. Je ne le croyais pas mais j’ai fait confiance et je pense que j’ai eu raison ! 

Mon sac : un Salomon, celui que tout le monde porte. 2 flasques remplies et une vide dans le dos pour la seconde partie de course. 2 sandwichs pain de mie jambon beurre coupés en morceaux. Du nougats au miel. rien d’autre. 

22km après le départ, 1er ravit. Le terrain assez plat donc pas de surprise. c’est une formalité. Les 2 flasques sont vides. Je les récupère et les remplis ainsi que la 3ème pour attaquer la seconde partie de course, celle que je redoutais le plus. On passe du 22km au 56km avec seulement un point d’eau entre les deux points. Tout le dénivelé de la course se trouve sur cette partie. 2min30 au ravito pas une seconde de plus. Les jambes sont bonnes, RAS. Deux rondelles de saucisson, 2 sucres et hop on reprend. Moyenne de course sur la 1ère partie : 5min25/km

Les bosses arrivent, on les passe tranquillement en respectant les 150 pulses max. Pour ma part les 150 pulses sont atteintes en cote. Donc je marche à ces moments là et arrive à courir à bonne allure sur le plat tout en récupérant le max possible. 

Franchement pas grand chose à dire… on enchaine les KM en attendant le coup de barre qui arrivera ! Pour moi il est arrivé assez tôt je trouve. La seule difficulté durant ma course. Le KM40 ! Bit gros coup dans la tronche. Sans prévenir… envie de vomir, la tête qui tourne ! Je suis à ce moment dans une cote avec un faible pourcentage mais mes pulses sont à 150 donc je marche. On se pose à ce moment pas mal de question. On est dépité, on se dit que c’est fini parce que dans cet état finir les 40 prochains km c’est impossible. J’avais mon téléphone avec moi et mon casque Bluetooth du coup j’appelle ma femme pour lui dire que je suis dans le dur, que c’est chaud. Elle m’attendait au prochain ravito. Avec elle il y avait un certain Jonathan et un certain Julien qui sont tous les deux experts des courses trail longue distance. Pour l’anecdote ils ont couru l’Eco Trail 45km cette même année et Jo fini 24ème et Julien (JORRO pour les connaisseurs) a gagné. Ils ont pris le téléphone pour m’expliquer que c’était normal et quasi obligatoire. Rien de bien méchant et que pour passer ça il fallait boire et manger un peu plus qu’a l’accoutumé. Je leur ai fait confiance (on ne peut que le faire vu le palmarès) et en effet, 5min plus tard tout est revenu. Incroyable le corps humain. j’étais au fond du trou et d’un coup je me retrouve avec des sensations de début de course. Les jambes fluides, pas fatiguées… incroyable. Donc je suis reparti comme si de rien était.

J’arrive au ravito n°2 5h55min après le départ. On voit la famille et les amis, ça reboost vraiment ! Moyenne sur la seconde partie : environs 7min/km. 3min13 pour remplir les flasques, manger un truc ou deux et on repart. On garde les jambes en action et on repart. A ce moment là, pour moi j’ai passé le plus dur. La partie que je redoutais le plus. 

Il me un peu plus de 12km pour rejoindre le prochain ravito qui se trouve au 69ème km à Saint Cloud. Donc mentalement ça le fait ! 

Encore des bosses, la nuit qui tombe, on enfile la frontale tout en courant (on ne perd pas de temps) et 1h25min plus tard nous voila au dernier ravito avec une vue sur l’objectif final : la Tour Eiffel 🙂

Encore 3min pour remplir une dernière fois les flasques. Un coup d’oeil pour la 1ère fois seulement sur le chrono (car je rappelle que je n’avais qu’un seul champ de données visible depuis le départ avec le chrono) et … 7h38 depuis le départ. Grosse surprise. Je  me demande si je n’ai pas merdé en arrêtant le chrono sans faire exprès. Mais on me confirme que c’est bien ça ! Il reste alors une dizaine de Km. On ne tergiverse pas on repart direct et en plus de ça comme on est toujours en forme et que le corps va parfaitement bien … on accélère. L’objectif secret des 9h30 et largement accessible. Après un calcul très savant ou je me dis que 10km je peux les faire en 1h… je me rends comptes que ce n’est pas 9h30 mais 8h30 que je vais aller chercher! Un booster naturel. Un dernier bisou à ma femme qui me suit depuis le départ et après lui avoir donné RDV dans 1h max à la Tour Eiffel et c’est reparti pour la dernière ligne droite. 

On retrouve tous les coureurs partis comme de fous. on peut parler à ce moment la d’épaves ! On voit que la course fait des dégâts. Mais pour le coût pas le temps de discuter. On enchaine. 11km plus tard, 59min plus tard … la délivrance.

C’est fait ! On la fait ! Les 80km sont dans les jambes. La famille qui finit le parcours avec moi, on monte les dernières marches 2 par 2 et voila la ligne. 8h34min pour 80km. Incroyable ! Impensable et pourtant c’est fait ! Mais surtout, ce qui m’a vraiment le plus impressionné ce n’est pas le temps, ni la place à laquelle je termine (234ème), c’est mon état. Je ne suis pas fatigué. j’ai le sentiment d’avoir couru un 10km. et encore je suis bien moins essoufflé. Et c’est là qu’on se dit… pour on en a bien chié pendant 17 semaines mais ça a valu le coup. LA PREPA ! Il n’y a pas de secret ! C’est la chose principale que je retiendrais. Avec un plan précis et bien défini et le suivre à la lettre. Ne pas douter ! serrer les dents quand il faut se faire mal. se faire mal quand il faut se faire mal. le jour J ça paye !

Un grand merci à toi Quentin pour tout ça car c’est grâce à toi, ton analyse, tes conseils, ton écoute et ton savoir / connaissance de la course. Même si je sais ce que tu vas me répondre 🙂

Un grand merci aussi à ma femme qui a supporté ces 17 semaines de prépa. C’est vrai que c’est compliqué de suivre mais son soutient est important pour aller au bout et surtout s’entraîner sereinement. 

Alors maintenant à vous ! Lancez-vous des défis mais restez honnête avec vous-même. Ecoutez bien votre corps, n’en faite pas trop, ne brûler pas les étapes. C’est ce que je retiens de mon expérience. A vous de vous faire la vôtre:-)

#moinsmaismieux